8�me Universit� d'�t� - Antibes/Juan-les-Pins - 2 et 3 septembre 2004 - LES ACTES
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Catherine Vautrin
secrétaire d’Etat à l’Intégration et à l’Egalité des chances
Rendre une vie aux quartiers
  

La justice sociale n’existe pas sans efficacité économique, je m’appuie sur ce principe simple. C’est tout le sens du pôle cohésion à trois volets qui a été mis en place : un volet emploi, un volet logement et un volet égalité des chances. Cette action vise deux buts essentiels : faire prendre à tous nos concitoyens le train de l’emploi par des formations et par l’apprentissage et rendre une vie aux quartiers pour durablement les faire changer.

Le dispositif des Zones franches urbaines (ZFU) répond à cet objectif. Il encourage les travailleurs, en situation d’échec, à créer leur propre emploi et dans un deuxième temps à embaucher.

 
La ZFU, un concept qui marche
Depuis 1997, date de la première vague des ZFU, il y a eu 50 000 emplois créés dont 35 000 créations nettes qui ont donné naissance à 20 000 petites entreprises. De plus, 35 % des salariés des ZFU sont issus des quartiers. Arrivés sans formation, ils ont acquis une qualification. Jean-Louis Borloo a doublé, dès l’année 2003, le nombre de Zones franches urbaines. L’accord signé avec les CCI en février 2004 va permettre d’accélérer le processus.

Mon collègue Laurent Hénart a également mis en place des actions de formation - notamment de l’apprentissage dans le secteur marchand - pour ces jeunes des quartiers dont 40 % sont au chômage.
Là aussi, nous allons conduire des actions avec les CCI qui sont la deuxième force de formation du pays derrière l’Education nationale.

L’accompagnement mis en place par les jeunes de l’Essec qui travaillent sur un programme de trois ans avec les meilleurs élèves des lycées en Zone urbaine sensible (ZUS) autour de Cergy-Pontoise, en est un exemple. Ce dispositif existe depuis deux années scolaires. Il faudrait le décliner en partenariat avec les CCI dans les principales métropoles françaises. Voilà un échange «gagnant gagnant», une belle expérience de management pour les élèves de l’Essec, une opportunité de découvrir d’autres horizons pour les jeunes des quartiers.
Autre préoccupation : les liens entre les entreprises et les quartiers. En classe de troisième, les élèves doivent effectuer un stage de trois jours en entreprise.
 
Un label pour les entreprises qui s’engagent vis-à-vis des jeunes
Il n’est pas du tout évident de trouver un stage quand on habite le Val Fourré ou Montfermeil. Je compte distinguer par un label les entreprises qui s’engagent dans une démarche vis-à-vis de ces jeunes. Nous avons déjà des contacts avec des groupes nationaux ou internationaux. L’idée est de donner aux élèves ce goût d’entreprendre ; les jeunes, les entreprises et la société dans son ensemble ne pourront qu’y gagner.

Tout ceci est possible si les entreprises s’implantent dans les quartiers. A l’image de «Talents des Cités», il faut développer les initiatives qui mettent en avant les réussites de ces jeunes entrepreneurs issus des cités. Les personnels de nos entreprises doivent refléter les bassins d’emplois sur lesquels les sociétés sont implantées, avec leurs richesses individuelles ou professionnelles. C’est tout le sens de la charte de la diversité que nous allons mettre en place dans le plan de cohésion sociale.
 
Les 4 côtés d’un carré magique
L’investissement, la consommation et l’exportation constituent le triangle d’or de la croissance. En inscrivant celle-ci dans un contexte social, juste et responsabilisant nous formerons les 4 côtés d’un carré magique : investissement, consommation, exportations et cohésion sociale retrouvée. Réussir ce carré, c’est contribuer à réconcilier les Français et l’entreprise.