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Etablir un nouveau contrat social
pour affirmer sa place dans la cité |
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L’entreprise a une vocation politique. Elle est
politique par nature parce qu’elle s’intéresse
à la formation de ses collaborateurs, elle est
en relation avec l’Education nationale, elle influence
la recherche publique… Elle a donc, au sens grec
du terme, un rôle dans la cité. C’est
une institution dotée d’une finalité
sociale, dont la contrainte est économique. Sa
finalité est de faire du profit pour vivre. Dès
lors, pourquoi vit-elle et quelle relation entretient-elle
avec la société ?
L’entreprise n’a plus assumé sa responsabilité
dans les années 70. Quand les taux de productivité
ont dépassé les taux de croissance, elle
a rompu le contrat tacite qu’elle avait avec la
société : développer corrélativement
l’emploi au fur et à mesure qu’elle
se développait. En cela elle permettait la socialisation
par l’emploi.
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| La faillite des institutions classiques |
Les mécanismes
de protection sociale assis sur le salariat inventés
pendant les Trente Glorieuses, pour fixer la main-d’œuvre
ont développé un sentiment de sécurité
extraordinaire. Ce contrat moral, de socialiser les personnes
en grande partie par l’emploi a fait de l’entreprise
une institution. Dans le même temps, on a assisté
à la faillite des institutions classiques : l’école,
la famille, l’église, les syndicats…
Du coup la société tout entière se
tourne vers l’entreprise, espace de vitalité.
Celle-ci s’est en quelque sorte libérée,
elle ne vit plus en relation avec le milieu qui l’a
créée et elle n’a plus comme finalité
que l’économie. Elle n’a plus de mission
sociale qui lui permet de vivre en harmonie avec la société
qui l’héberge.
Le nouveau contrat social entre l’entreprise et la
société ne se fera plus par l’emploi
et le travail mais par une relation plus subtile qui prend
en compte la manière dont l’entreprise produit
et comment ses modes de production permettent à la
société de ne pas se désagréger
plus et de se reconstruire progressivement.
Or, on confond à tort l’entreprise dont la
définition n’existe pas en droit et la société
de capitaux.
C’était légitime au XIXe siècle
parce que l’homme était interchangeable derrière
la machine et parce que l’actif matériel et
financier était détenu par ceux qui apportaient
les moyens financiers. Il était logique que le pouvoir
ne soit pas partagé et qu’il y ait confusion
entre l’entreprise et les sociétés de
capitaux et que les salariés soient considérés
comme des tiers.
Cette approche du XIXe siècle perdure et le droit
des sociétés, qui en est issu, ne nous donne
plus les clés pour entreprendre dans une nouvelle
harmonie avec la société. La finalité
de la société de capitaux, c’est le
profit et exclusivement le profit. Les actionnaires qui
investissent dans une société de capitaux
pour entreprendre un projet qui est l’entreprise,
ils n’investissent que pour tirer la meilleure rentabilité
de leur capital. La finalité de la société
de capitaux, c’est le profit et la finalité
de l’entreprise, c’est la valeur ajoutée.
La performance économique d’une entreprise
ne dit rien du bien-être qu’elle apporte à
la société. Les conditions de production de
cette valeur ajoutée doivent faire l’objet
de négociations dans des règles sociales nouvelles.
Ce qui était valable au XIXe siècle ne l’est
plus au XXIe.
Ensuite, il y a un amalgame entre capitalisme et libéralisme
en ne voyant pas que le capitalisme est d’abord un
mode de financement du risque de l’entreprise et pas
un système politique. Cela entraîne des confusions
politiques considérables qui ne nous permettent pas
de reconstruire ce nouveau contrat social dont l’entreprise
sera un des maillons parmi d’autres qui devra retrouver
une nouvelle finalité sociale.
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