8�me Universit� d'�t� - Antibes/Juan-les-Pins - 2 et 3 septembre 2004 - LES ACTES
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Christian Boiron
président directeur général des laboratoires Boiron
Le bonheur par le travail
  

L’entreprise existe par son projet. En tant que patron, l’important n’est pas de répondre aux attentes des salariés qui sont multiples mais de communiquer sur un projet commun, une aventure qui les réunira. L’entreprise est un être multiforme, produit de la coparticipation de très nombreux acteurs, l’Etat y compris. Etre utile à la société reste la finalité de l’entreprise. Celle-ci se porte mieux lorsqu’elle a un projet sociétal.

Le management, lui, consiste à élaborer des règles du jeu connues par tous, respectées et respectables. Il faut essayer d’individualiser le temps de travail, comme sur le plan commercial il faut individualiser la relation avec les clients. A l’Etat de permettre aux salariés de travailler 32, 27 ou 25, heures, mais en fonction des heures effectuées. Payer 35 h le salaire de 39 h équivaut à une augmentation de 11,4 %. Ce n’est pas gérable pour l’entreprise. Les salaires ne peuvent être augmentés qu’en fonction des gains de productivité.

Le niveau de salaire et le temps de travail ne sont pas tout. L’essentiel est que les salariés aient l’impression que l’entreprise s’efforce de réussir le produit ou le service qu’elle a mission de faire pour qu’ils y contribuent collectivement et individuellement.

 
Un climat de confiance réciproque
Les collaborateurs doivent ressentir du plaisir par la formation, le développement personnel. Le bonheur est l’expression de la personnalité profonde de l’individu. Etre soi-même : voilà ce qui nous rend heureux. L’entreprise peut favoriser cette expression en donnant à chacun la possibilité de développer sa créativité et en instaurant un climat de confiance réciproque ; d’où l’importance de choisir son entreprise plus que la fonction que l’on y exercera.

De plus, le travail est situé au centre de notre vie dans nombre de nos activités qu’elles soient associatives ou de loisir. La notion d’entreprendre est omniprésente.

Il faut donc casser le recouvrement entre salariat et entreprise - la forme salariale n’est pas la seule forme possible - et l’entreprise n’est pas la seule structure de capitaux. Une association loi 1901 est de plus en plus une entreprise.

Ce n’est pas aux entrepreneurs de changer, de réconcilier la France avec l’entreprise. Il faut trouver un modèle économique qui donne à l’entreprise une place vertueuse qu’elle n’a toujours pas intégrée depuis des générations et des générations. Cette réflexion philosophique est à placer au centre du débat de la relation de l’homme au travail, facteur de progrès, en se déconditionnant par rapport à ce que les générations précédentes avaient dans la tête. C’est la clé de notre évolution.