8�me Universit� d'�t� - Antibes/Juan-les-Pins - 2 et 3 septembre 2004 - LES ACTES
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Christian Forestier
président du Haut conseil de l’évaluation de l’école
La communication avec l’école évolue
  

Outre le travail à faire avec les médias, il y a un problème de communication incontestable entre les enseignants et ce que veulent les entreprises.

Mais ce problème évolue. Il y a eu une vraie rupture sur toile de fond idéologique à la Libération. C’est à cette époque que l’entreprise se voit refuser un rôle de formation. On lui dénie cette fonction et la France, à la différence de nos voisins d’Outre-Rhin, décide de faire de la formation professionnelle totalement in vitro, en éprouvette, c'est-à-dire dans l’école et dit : «l’in vivo, ce sera pour plus tard». Les choses ont bougé et aujourd’hui, les relations entre l’école et l’entreprise ne peuvent pas être caricaturées comme elles l’étaient il y a quelques années.

Ce n’est pas exact de dire que tout ce qui tourne autour de l’enseignement professionnel, qu’il soit court ou long, méconnaisse l’entreprise. Dans l’enseignement supérieur, les choses ont considérablement évolué. Il reste effectivement un point noir qui est celui du lycée. Francis Lemor relevait : «Seuls 13% d’une génération ont un enseignement en 1ère ES portant sur l’entreprise» et je peux vous dire heureusement qu’il n’y en a que 13%. Ça vous permettra de comprendre dans quel état d’esprit je me situe par rapport à cet enseignement et à ces ouvrages-là.

A côté de ça, il y a l’enseignement professionnel court, il y a l’enseignement professionnel long. Qui, depuis ces dernières années, n’a pas eu dans son secteur des relations avec les collèges, les lycées de son environnement, les universités, etc ? Quel est celui qui n’a pas participé à une semaine école/entreprise, à des opérations de jumelage, je dirais, de communication ? Il y a maintenant une bonne dizaine d’années, quand il dirigeait Jeunesse et Entreprises, j’ai initié avec le président Gattaz des opérations sur la Seine-Saint-Denis qui n’était pas le secteur le plus facile dans le monde éducatif. Nous avons mis des chefs d’établissements en stage en entreprises. Bien sûr, il faut aller plus loin.

Je pense depuis très longtemps que les entrepreneurs n’ont pas la place qu’ils méritent dans le pilotage de l’école. Les collèges et lycées sont des établissements publics avec des conseils d’administration. La place des personnalités extérieures à l’école dans ces conseils d’administration est insuffisante, notamment celle des entrepreneurs. De plus, aux côtés du chef d’établissement, il faudrait faire présider les conseils d’administration des collèges et des lycées par un chef d’entreprise, plutôt que de les faire présider par les politiques. Cela serait très bénéfique pour le rapprochement des PME et des PMI avec le système scolaire.