Je constate avec regret que les propos évoquant l’Europe tenus lors de cette Université tendent à ignorer la Russie. Pourtant, Moscou est la plus grande ville d’Europe, et la Russie, plus grand pays de ce continent, constitue le plus vaste marché de consommateurs. De plus, elle se caractérise depuis plusieurs années par une croissance de 8 % qui devrait lui permettre de devenir d’ici 5 à 10 ans, en fonction de la santé de l’économie allemande, la première puissance économique européenne. La Russie n’est donc pas un problème, mais une opportunité pour l’Europe.
La guerre en Géorgie, quoi que l’on dise, n’a pas été lancée par la Russie. Au contraire, nous sommes les victimes d’une provocation de la Géorgie. Trop de morts sont à déplorer.
Cette guerre n’est en rien liée aux questions énergétiques. Je rappelle que la Russie constitue le principal et le plus sûr des fournisseurs énergétiques de l’Europe. La guerre n’a d’ailleurs pas interrompu nos approvisionnements. Malheureusement, nous recevons de l’Europe des messages très contradictoires : vous faites appel à notre énergie, mais vous souhaitez réduire votre dépendance par rapport à nous. Bien sûr, vous êtes libres de vos choix. Mais vous ne constituez pas le seul débouché pour nos exportations. Nous construisons d’ailleurs actuellement un oléoduc important en direction de la Chine.