L’Union souffre d’un déficit de solidité, dû notamment à ses élargissements successifs. Avec Alain Lamassoure et environ 40 députés, nous avions ainsi proposé, il y a plusieurs années, une résolution sur la nécessité d’une Constitution européenne, afin que l’Union possède à la fois une base permettant de juger de la qualité de ses lois comme de ses engagements et des institutions à la hauteur de ses ambitions territoriales, économiques et sociales. Nous considérions notamment que l’Europe devait renforcer ses institutions avant de s’élargir. C’est l’une des raisons de la crise de confiance.
J’assiste également à une reprise regrettable des nationalismes. Il faut faire attention à ce que les petits renoncements détruisent progressivement le projet collectif. La qualité des institutions, leur solidité montrent que l’on a toujours ce respect du contrat. Si nous sommes faibles sur les questions de protection, alors la crise de confiance s’approfondit. Nous sommes au pied du mur. Tous les pays attendent la France. Peut importe le moment, c’est le moment pour la France. La grande ambition, c’est l’Europe de l’énergie. L’évolution de l’Union se fera quand on aura montré que l’on sait remplacer la CECA, non seulement par un marché et par une monnaie, mais par une politique industrielle, par une intégration financière, par le choix de l’innovation et le soutien au PME. Pour l’instant nous restons sur notre faim, nous voyons une Europe plus administrative qu’industrielle.