Le monde a évolué depuis 1929 : les Etats-Unis représentent un quart de l’économie mondiale, l’Europe un quart, les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) un huitième, et les « nouveaux treize » pays un seizième. Nous vivons donc dans un monde de puissances locales, dont les taux de croissance s’avèrent fort divers.
Dans cette perspective, des efforts doivent concerner spécifiquement les territoires, donc les PME. A ce sujet, en collaboration avec Christian Saint-Etienne, j’ai réalisé deux rapports officiels qui évoquent notamment le financement de la recherche et le fonctionnement des PME. Les entreprises peuvent se classer en trois catégories : les éléphants cotés au CAC 40 ; les rats (ou souris), que sont les TPE, animaux de proximité qui fonctionnent en général convenablement ; les gazelles, PME françaises pour qui la vitesse constitue la priorité. Or cette vitesse cruciale exige une taille critique et une flexibilisation du fonctionnement des PME. Nos rapports préconisent donc notamment une modification des seuils sociaux, une déduction de l’ISF des investissements dans le PME, et une évolution des délais de paiement.
De plus, nous devons développer le maillage du territoire. Pour y parvenir, une meilleure communication entre les acteurs économiques s’avère indispensable. Elle nécessite notamment le développement d’une qualité essentielle, l’envie. Nous devons organiser des systèmes d’émulation, notamment grâce au regroupement d’universités qui s’effectuent actuellement. Il faut mettre l’accent sur les avancées, non sur les plaintifs.
Inciter à la relocalisation
Enfin, un rapport présenté hier au Premier ministre, et qui compare les PME françaises et allemandes, souligne la qualité du travail effectué en Allemagne au niveau des territoires. Des relocalisations y sont notamment accomplies dans des centres économiques entourés de périphéries importantes. En France, malheureusement, les entreprises obéissent encore à une logique binaire : soit elles demeurent en France, soit elles se délocalisent à l’étranger et ne conservent sur notre territoire que des activités affaiblies. Nous devons donc nous inspirer de l’Allemagne pour faire vivre nos territoires, en y développant des réseaux et en démontrant qu’une pareille territorialisation s’avère rationnelle économiquement.