Daimler produit plusieurs centaines de milliers de camions chaque année, principalement dans l’usine de Wörth, en Rhénanie-Palatinat. Notre succès s’explique notamment par notre prise de conscience du caractère mondial du marché. Ainsi, 80 % de la production de Wörth est actuellement exportée. Nous possédons en outre sept autres usines dans le monde. Nos filiales brésiliennes, qui comptent 5 000 salariés, nous ont notamment permis de nous implanter fortement sur le marché sud-américain. Nous développons également de nouveaux concepts au Japon. De plus, nous souhaitons nous implanter rapidement en Turquie, en raison notamment de la flexibilité observable sur ce marché.
Nous tenons également à renforcer nos bases arrière européennes. A propos de l’usine de Wörth, il faut notamment préciser qu’un quart de ses 11 000 salariés vient de France, notre bassin d’emploi s’avérant insuffisant pour satisfaire notre besoin de main-d’œuvre. Notre usine constitue ainsi l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois en Alsace. Les entreprises ne peuvent se développer fortement et durablement avec une stratégie conçue exclusivement dans un cadre national. L’Europe est désormais notre marché. Il faut donc dépasser les frontières entre Etats, de même qu’il fallut autrefois dépasser les frontières entre départements.
A l’heure de la mondialisation, la concurrence est partout. L’entreprise indienne Tata Motors, par exemple, est particulièrement performante et sa conquête de marché très intelligente. Le groupe Tata a compris qu'il ne faut pas copier, imiter, courir après les européens mais suivre son propre chemin. Pour cela, il a défini ses propres règles.
Pour faire face, nous avons monté une joint venture en Inde avec une entreprise indienne et maintenant nous produisons des camions adaptés aux besoins des clients indiens. Nous voulons montrer à Tata que sur son marché intérieur, il y a aussi un producteur européen qui a la possibilité de le combattre. Aujourd’hui, aucune position n’est définitivement acquise.