La France peut jouer un rôle en faveur de la relance du projet européen, à plusieurs conditions. D’abord, son économie doit être solide, afin de peser sur l’Europe. Malheureusement, nous atteignons depuis 25 ans un sommet en termes d’endettement et de prélèvements. Nous devrons donc accepter certains sacrifices, tout en investissant fortement pour devenir plus compétitif. Ensuite, nous devons accepter l’idée que la France a perdu une partie de son pouvoir, celui-ci étant mutualisé à Bruxelles. Enfin, nous devons comprendre que la construction du projet européen n’appartient plus exclusivement à la France. Plus de modestie nous permettrait de peser davantage sur le destin de l’Europe.
A ce sujet, Victor Hugo écrivait dès 1849 : « Un jour viendra où vous la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, (…) vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d’autre champ de bataille que des marchés s’ouvrant au commerce et des esprits s’ouvrant aux idées. »
Nous avons tous rêvé d’un tel monde, mais chacun reste conscient qu’il faut d’abord savoir gérer le monde réel, dont les ressources finies causeront forcément des tensions. La construction de l’Europe sera donc difficile et nécessitera d’importants efforts.