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Les fonds souverains, prédateurs ou sauveurs ?



Fadi HALOUT
Directeur général de la National Bank of Abu Dhabi en France




  Vidéo de l'intervention








L’enjeu majeur est d’attirer les fonds souverains en Europe.

  Résumé de l'intervention


Fadi Halout - Directeur général de la National Bank of Abu Dhabi en France



La puissance montante des fonds souverains

Les fonds souverains existent depuis plus de 30 ans. Ces fonds, qui appartiennent à des Etats, sont investis à très long terme et bénéficient à de nombreuses entreprises. Ils servent également à gérer la manne pétrolière et à la transmettre aux générations futures. Les premiers fonds souverains ont en effet été créés dans les pays producteurs de pétrole, afin de gérer la volatilité des prix et des excédents commerciaux. Ils se distinguent donc des banques centrales, des fonds de pension, des entreprises publiques et des hedge funds. Les encours des fonds souverains augmentent très fortement. Les encours du fonds d’Abu Dhabi se montent par exemple à 800 milliards de dollars et connaîtront une forte hausse. En outre, la diversification des fonds souverains les rende de plus en plus actifs et visibles. Ils portent notamment sur des actions, des obligations, de l’immobilier et des hedge funds.


Des investisseurs courtisés

Certains se préoccupent de la nature des Etats qui disposent de ces fonds très fluides. Parmi ces Etats se comptent notamment la Chine et la Russie. Il en résulte des inquiétudes qui s’avèrent moins liées aux fonds souverains en soi qu’aux pratiques de certains Etats. Par exemple, les fonds chinois ont récemment tenté de devenir les principaux actionnaires de sociétés minières australiennes. Cependant, des filets de sécurité, notamment juridiques, limitent la capacité d’action de ces fonds, en particulier dans les secteurs stratégiques. En outre, au contraire des hedge funds, les Etats ne peuvent pas se permettre de réaliser des actions ayant des conséquences diplomatiques importantes.

Le dialogue constitue cependant la meilleure protection, tel qu’il se pratique au sein de l’OCDE et du FMI. En outre, les Etats doivent être vigilants à ne pas agir paradoxalement, à l’image des Etats-Unis qui se sont protégés des fonds souverains mais ont eu besoin de leur soutien dans le secteur immobilier. La volonté du gouvernement allemand de se protéger des fonds souverains est par ailleurs contestée par Siemens, qui souhaite bénéficier d’investissements à long terme tels qu’en réalisent les fonds souverains. Enfin, les mesures protectionnistes risquent de limiter les investissements en Europe, au profit de l’Asie. Or un enjeu actuel majeur est de ramener les fonds souverains en Europe.

Le capitalisme connaît notamment une mutation en raison de la crise des subprimes, qui provoque progressivement la mise en place de processus de régulation, dans lesquels les fonds souverains et les banques centrales jouent un rôle majeur. Ainsi, nous cessons d’avoir une confiance aveugle dans le marché. En outre, le renouveau du capitalisme tient au déplacement vers l’Asie du centre de gravité de l’économie mondiale.



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