L’échec de la politique unilatéraliste et archaïque de Bush ne signifie notamment en rien que ses adversaires européens ont raison. Je songe aux tenants, au demeurant très intelligents, d’une pensée soulignant que le remodelage du monde par les techniques de communication rend désuète l’idée de puissance et fait de l’Europe un modèle au rayonnement mondial, par sa capacité normative, par son système social, et par son sens de l’équilibre et de la diversité.
Malheureusement, le rayonnement de ce modèle ne s’avère considérable qu’à la périphérie immédiate de l’Europe. Cette force d’attraction aura d’ailleurs permis l’élargissement progressif de l’Union. A cet égard, l’Europe possède une puissance certaine, d’attraction et de pacification. Elle a notamment permis, à l’Est, d’éviter la multiplication de conflits après la dislocation du bloc soviétique. En outre, grâce à sa taille importante, l’Europe peut posséder une influence économique à l’échelle mondiale, notamment dans le cadre de l’OMC et en matière de normes sociales et environnementales. Aucun retour archaïque à l’usage de la puissance unilatéral ne semble donc envisageable en Europe.