EUROPE, L’AVENIR NOUS APPARTIENT
> Européens par conviction
Anette BURGDORF, Paulette PICARD et Jean-Louis HOERLE


COMMENT MIEUX INTEGRER L'EUROPE DANS LA MONDIALISATION ?
> Les gagnants de la mondialisation ?
Martin DAUM

> Compétition mondiale et dimension sociale : John MONKS
> La diversité ethnique, un atout pour l’entreprise ? Brenda KING
> Les fonds souverains, prédateurs ou sauveurs ? Fadi HALOUT
>La Chine m'inquiète : Jean-Luc DOMENACH
> La Chine, premier partenaire de l'Afrique : Jean-Luc DOMENACH
> La Chine, eldorado pour l'entreprise ? Jean-Luc DOMENACH
> La Chine, business et droits de l'Homme : Jean-Pierre RAFFARIN, John MONKS et Jean-Luc DOMENACH
> L'Europe, une réponse au désordre du monde : Jean-Pierre RAFFARIN
>Les enjeux de la présidence Française : Jean-Pierre JOUYET

QUELLE EUROPE ET POUR QUELS EUROPEENS ?
> Le futur de l’Europe, cartes en main : Michel FOUCHER
> Les atouts de l’Europe : Michel FOUCHER
> Europe, le partage de valeurs : Catherine TRAUTMANN
> La relance de l'Union : Catherine TRAUTMANN
> Europe : valeurs et intérêts : Michel FOUCHER et Catherine TRAUTMANN
> L'avenir du projet européen : Vaira VIKE-FREIBERGA

L'EUROPE, PUISSANCE GLOBALE OU RELATIVE ?    Hubert VEDRINE
> Europe, du mythe à la réalité
> Europe, l'abandon de la puissance
> Europe, puissance normative
> Europe, le sursaut

COMMENT SE FAIRE RESPECTER DANS UN MONDE MULTIPOLAIRE ?
> Energie, le prix de l'indépendance : Jean-Jacques MOSCONI
> La Russie, une opportunité pour l'Europe : Vyacheslav NIKONOV
> La stratégie Gazprom : Vyacheslav NIKONOV
> L'avenir des relations transatlantiques : Robin NIBLETT
> Le choc des puissances : Vyacheslav NIKONOV et Robin NIBLETT

COMMENT FAIRE DES PME EUROPEENNES DES CHAMPIONS MONDIAUX ?
> Les batailles des entreprises savantes : Denis ETTIGHOFFER
> L'entreprise de savoir-faire : Alain DE ROUVRAY
> Le monde des gazelles : Jean-Paul BETBEZE
> La croissance en réseaux : Pierre SIMON
> Coopération ou compétition ? Pierre SIMON, Alain DE ROUVRAY, Denis ETTIGHOFFER, Jean-Paul BETBEZE

L'AVENIR DE L'INDUSTRIE DANS L'ECONOMIE NUMERIQUE : François LOOS
> L'industrie numérique française - Diagnostic
> L'industrie numérique en France : comment progresser ?
> La croissance pour ambition

POLITIQUE INDUSTRIELLE ET CONCURRENCE : OPPOSITION OU COMPLEMENTARITE ? Eric LE BOUCHER et Frédéric JENNY
> Le retour de la politique industrielle
> La crise de l’OMC
> OMC : la réciprocité en question
> Comment reprendre l'avenir en main ?

PERSPECTIVES : L'EUROPE, LA FRANCE ET LES CCI : Jean-François BERNARDIN
> Europe, l’avenir nous appartient
> France, l’avenir nous appartient
> CCI, l’avenir nous appartient

L'Europe, une réponse au désordre du monde



Jean-Pierre RAFFARIN
ancien Premier ministre français, Sénateur de la Vienne




  Vidéo de l'intervention





Le grand projet européen peut être de porter partout dans le monde l’humanisme européen mais aussi la république décentralisée, qui rassemble les structures et les individus tout en respectant leur diversité.

  Résumé de l'intervention


Jean-Pierre Raffarin - ancien Premier ministre français, Sénateur de la Vienne



LES TROIS LIGNES DE FORCE DE LA MONDIALISATION
  • L’avenir est asiatique
Nous devons nous habituer à une équation nouvelle : l’Europe plus l’Amérique égalent l’Inde plus l’Asie. Cette équation devra notamment s’imposer en France, pays dont les volets sont clos et qui doit s’ouvrir sur le monde, à la fois pour faire rayonner les idées françaises et pour mieux comprendre les réalités d’un monde en grande partie asiatique. Comme le disait Alvin Toffler, « la Chine fait désormais partie de l’esprit américain ». Sa croissance économique et son rayonnement culturel en font ainsi un acteur majeur du monde actuel qui, avec l’Inde, marquera les temps à venir.
  • La diversité, valeur du XXIème siècle
La diversité constitue la valeur du siècle. Précisément, si la mondialisation économique rassemble le monde, elle se heurte à la résistance de la diversité culturelle. Alors qu’il n’existe dans le monde que deux normes de voltages et trois écartements de rails, 3 000 langues coexistent. La résistance à la globalisation se réalise donc sur le terrain culturel, et se manifeste notamment par la montée des valeurs identitaires. Un risque en découle : dans notre monde très diversifié, le besoin d’autonomie se traduit par l’atomisation. Comme le montrent les exemples de l’Ossétie, du Kosovo et du Tibet, le monde de la diversité s’avère ainsi rongé par une tendance à la balkanisation. Face à ce risque, nous devrons donc considérer la diversité comme une valeur centrale, notamment dans le cadre européen.
  • L’attractivité, atout maître
L’attractivité est l’atout maître d’une politique économique. Dans un monde caractérisé par la mobilité, l’avenir appartient aux territoires sachant attirer les hommes, les idées et les capitaux. Or l’intelligence constitue le premier facteur d’attractivité. Ainsi, la Chine ne tient plus à produire exclusivement des biens bas de gamme, et développe fortement son système de formation. Quant à l’Europe, elle doit savoir rester attractive, en évitant notamment de faire peur aux fonds souverains.



TROIS VOIES POUR L’EUROPE
  • Développer les relations bilatérales
L’Europe doit développer des relations bilatérales. Si les relations multilatérales doivent se poursuivre, tant dans le cadre de l’OMC et du droit international que par la création d’une organisation pour l’environnement liée à l’ONU, nous ne devons cependant pas avoir la naïveté de penser qu’une règle de droit suffise à modifier la réalité. En revanche, les relations bilatérales et les rapports de force, quitte à « montrer les dents », permettent de mener des dialogues francs et directs. Or l’Europe est plus libre que les Etats-Unis pour développer de telles relations. Elle devra donc le faire, sous la présidence française de l’Europe, à l’occasion du sommet de l’ASEM, en octobre à Pékin et du sommet Europe-Chine qui se tiendra à Lyon en décembre. Ces deux rendez-vous permettront notamment à l’Europe de montrer que des relations bilatérales participent pleinement à l’équilibre multilatéral du monde. Les événements récents relatifs à l’Ossétie prouvent d’ailleurs qu’une Europe rassemblée et convaincue peut espérer influencer le monde.
  • Promouvoir la démocratie décentralisée
Notre modèle de démocratie décentralisée constitue une réponse à la question de la diversité. Nous devons en effet savoir répondre aux risques d’exclusion de populations, dans les sociétés, et d’atomisation, sur le plan géopolitique. Dans cette perspective, l’Inde saura peut-être mieux gérer la diversité que la Chine. Quant à l’Europe, son système décentralisé et sa volonté de travailler en réseau peuvent lui permettre de devenir une puissance sans gigantisme et ainsi adaptée aux enjeux actuels de la diversité.
  • Porter des projets mondiaux
Enfin, l’Europe doit porter des projets de portée mondiale et d’une totale lisibilité. Notre adresse, c’est l’Europe. Nous pourrons ainsi proposer nos propres modèles, à propos par exemple des partenariats public-privé. Plus généralement, le grand projet européen peut être de porter partout dans le monde l’humanisme européen, qui comprend ce que vous appelez « les industries du bonheur », soit un modèle de mode de vie, mais aussi la république décentralisée, qui rassemble les structures et les individus tout en respectant leur diversité. Dans l’ensemble, l’humanisme européen s’avère ainsi fondé sur trois valeurs centrales : la valeur du respect et le respect des valeurs ; la réciprocité du respect, c’est-à-dire l’équilibre, qui concerne également les échanges commerciaux ; le dépassement, soit la nécessité d’avoir des projets plus grands que soi-même. Ainsi la diversité qui structure notre société peut-elle être assumée, sur le plan économique comme sur le plan social.



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