Vidéo de l'intervention
Nous mettrons tout en œuvre pour réformer notre système financier et répondre avec force à la crise
Résumé de l'intervention
Jean-Pierre Jouyet- Secrétaire d’Etat chargé des
Affaires européennes
Un contexte de crise globale
Nous savions d’avance que la crise économique constituerait la toile de fond de la présidence française. Or le très fort ralentissement de l’économie européenne au deuxième trimestre 2008 implique une puissante mobilisation de l’Europe, qui devra être consciente de l’importance des chocs que nous subissons : un choc d’inflation, avec la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires ; un choc d’exportation, avec la hausse de l’euro et le ralentissement de la croissance mondiale ; un choc d’investissements, avec une perte de confiance des entreprises ; un choc immobilier venu des Etats-Unis.
Il revient à la France, dans ces circonstances, de se concerter avec ses partenaires européens, afin de retrouver une croissance durable, et de dialoguer avec ses grands partenaires mondiaux.
Des réponses pragmatiques
Nous devons également poursuivre nos réformes des structures des économies, en France et en Europe, en raison de la stratégie de Lisbonne, qui doit être actualisée dans sa dimension sociale comme dans sa dimension extérieure. De plus, ces réformes devront s’étendre à la recherche et à l’innovation, à l’éducation, au marché du travail, au dialogue social et à tous les domaines favorisant l’attractivité de l’Europe. Par ces réformes, nous souhaitons augmenter le potentiel de croissance de l’Europe.
En outre, les responsables économiques dialogueront avec les autorités monétaires afin de rendre plus transparents les circuits de financement, et d’éviter de faire face simultanément à une contraction du volume de crédits et au renchérissement de ce crédit. Nous travaillerons ainsi à mobiliser plus fortement la Banque européenne d’investissement sur le financement des PME. Enfin, dans le domaine du crédit, nous améliorerons la coordination des activités de l’action et des superviseurs, dans le domaine bancaire comme dans le domaine des assurances. Ainsi, nous mettrons tout en œuvre pour réformer notre système financier et répondre avec force à la crise.
L’ensemble de ces actions, conduites dans le cadre de la présidence française, visera au renforcement de nos économies et au dépassement de la crise, tout en luttant contre les risques d’inflation. J’ajoute que les entreprises européennes, dont les plus petites, peuvent compter sur la détermination de la présidence française, de même que les partenaires sociaux, afin que le renforcement de la compétitivité s’accompagne d’une amélioration du dialogue social.
Des défis à relever
Cependant, plusieurs défis devront encore être relevés. Concernant la question de l’énergie et du changement climatique, l’Europe devra diversifier les sources d’énergie et développer une politique commune en matière d’énergie. Quant au traité de Lisbonne, la présidence française devra permettre à l’Europe de sortir de la crise initiée par le référendum irlandais. L’Irlande devra notamment procéder à une nouvelle consultation. Enfin, la politique européenne de sécurité et de défense doit progresser, afin que l’Europe se dote de capacités d’intervention suffisantes et puisse faire face à de nouveaux risques, notamment en termes de terrorisme et de cybercriminalité.
J’affirme pour conclure que je partage votre engagement européen. Cependant, notre réussite dépend de notre capacité à relever les défis actuels et à nous exprimer sans tabou. A ces conditions, l’avenir nous appartient.