Le pompage a d’ailleurs repris au niveau de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Ce pipeline possède un débit important, s’élevant à 800 000 barils de brut azéri, auquel s’ajoutera prochainement du brut kazakh. Il s’agit donc d’un pipeline vital.
Le cours du pétrole a atteint son sommet le 11 juillet, à 147 dollars. Comme après tout sommet, cette baisse constitue donc une réaction normale. Le conflit géorgien a peu influencé ce cours, au contraire par exemple des ouragans actuels. Pour ces raisons structurelles, le cours du pétrole devrait cependant se stabiliser entre 100 et 120 dollars. En effet, si la consommation de l’Europe et de l’Amérique du Nord diminue, le fort développement du Moyen-Orient et de la Chine s’accompagne d’une hausse spectaculaire de leur consommation, celle de la Chine ayant doublé en seulement dix ans. En outre, l’offre demeure très tendue, moins en raison d’une insuffisance des réserves, qui restent nombreuses, qu’en raison de l’incapacité des producteurs de suivre la demande : les exploitations nigérianes souffrent des attaques constantes des rebelles, la nationalisation du pétrole au Venezuela cause une stagnation de la production, celle de l’Iran subit des sanctions internationales, et celle de l’Irak a diminué de moitié depuis 2003. Quant à l’Arabie Saoudite, qui possède les réserves les plus importantes, elle refuse d’augmenter sa production, malgré de fortes pressions internationales, car une pareille augmentation induirait une baisse des prix qui n’intéresserait que les Occidentaux.
Enfin, il semble nécessaire que le cours se stabilise entre 100 et 120 dollars, car un cours inférieur augmenterait la dépendance de l’Occident envers le Moyen-Orient. En revanche, un tel cours nous incitera à développer les ressources présentes dans les pays de l’OCDE, telles les réserves de schistes d’huile lourde située au Canada.