Vidéo de l'intervention (en anglais)
L’Europe sera-t-elle capable de mieux comprendre le monde multipolaire ?
Résumé de l'intervention
Vyacheslav Nikonov - Président de la
Polityka Fundation (Moscou)
Robin Niblett - Directeur de
Chattam House (Londres)
Vyacheslav Nikonov
La guerre froide opposait en effet deux visions du monde, dont l’une a disparu. Dès le début des années 1990, de nouveaux débats se sont développés en Russie. Nous souhaitions notamment la constitution d’un vaste espace commun allant de Varsovie à Vladivostok. Malheureusement, la construction de l’Union Européenne a fait échouer ce rêve, tout en excluant la Russie. Les Européens doivent cependant prendre conscience que la Russie est plus vaste que l’Union, et que sa croissance forte l’amènera à jouer un rôle économique majeur durant les prochaines décennies.
En outre, la Russie constitue désormais une puissance euro-pacifique, qui tient à développer des relations étroites avec l’Union Européenne, sans toutefois souhaiter y adhérer. En particulier, les contraintes économiques de l’Union ne lui conviennent pas, notamment les acquis communautaires. Je signale par exemple que la Russie pratique un taux unique d’imposition sur le revenu, s’élevant à 13 %.
Robin Niblett
J’ai écouté attentivement la critique des acquis communautaires formulée par Monsieur Nikonov. Pour ma part, je doute de désirer être soigné dans un hôpital russe. Il me semble donc actuellement déplacé de critiquer nos acquis communautaires.
L’Europe sera plus apte que les Etats-Unis à comprendre les enjeux de ce monde multipolaire. La politique américaine récente se révèle en effet quasiment nulle en Amérique du Sud, en Afrique et dans le Sud-est asiatique, car les Américains, poussés par les médias, se concentrent obsessionnellement sur certaines crises et s’avèrent incapables de prendre la mesure des évolutions actuelles du monde. En revanche, l’Europe est capable de mieux comprendre ce monde, qui se caractérise à la fois par des relations Nord / Sud et par des relations Est / Ouest. J’ai bon espoir pour l’Europe.