Retour à l'historique

Monde fini ou nouvelles frontières/Les actes de la10�me Universit� d'�t� (2006)
chapitre "Quand la France se réveillera" :
 
 
La mondialisation salutaire

Claude Malhuret, Maire de Vichy

Le choix du développement durable comme thématique principale de cette Université et l’optimisme affiché par l’auditoire ont suscité mon intérêt. A cet égard, la notion de développement durable me parait souffrir de deux dévoiements.


La tentation du catastrophisme
Tout d’abord, ce thème a été confisqué par certaines personnes pour qui les effets néfastes des pollutions de l’air et de l’eau et du réchauffement climatique sont autant d’occasions pour dénoncer nos sociétés démocratiques libérales. Ils en font une machine de guerre électorale destinée à démontrer que nos sociétés de libre marché ne sont pas compatibles avec l’intérêt général.
D’autre part, le catastrophisme ambiant empêche de passer à l’action et de considérer positivement les avancées faites sur le terrain de l’amélioration de nos modes de développement. Renaud Dutreil citait le rapport du club de Rome, publié en 1972, intitulé Halte à la croissance.
L’effondrement du système capitaliste mondial avant l’an 2000 y était prédit. Ce genre d’assertion alarmiste a perduré dans les années 1990 alors qu’il était évident que les conclusions du rapport étaient erronées. Aujourd’hui, le grand public prête l’oreille à des discours du même type où la réalité des choses est occultée. Tout le monde croit, par exemple, que la couche d’ozone continue à diminuer alors qu’elle s’est stabilisée. L’interdiction du chlorofluorocarbone (CFC) a fait effet sur ce phénomène. Si la Chine et l’Inde avaient signé le traité la couche d’ozone se reformerait encore plus rapidement. Autre exemple : la population pense majoritairement que les forêts ne cessent de perdre du terrain. Au contraire, leurs surfaces augmentent. En France, elles se sont accrues considérablement au cours des 50 dernières années.


Le procès de la mondialisation
Par ailleurs, il n’est pas exact de penser que l’écart entre les riches et les pauvres dans le monde ne cesse de s’accroître. Ce procès de la mondialisation s’est trouvé conforté suite à la publication en l’année 2000 d’un rapport de l’ONU sur la croissance. Il signalait que les 20% les plus riches étaient de plus en plus riches et que l’écart avec les 20% les plus pauvres ne cessait de croître. Tous les médias ont fait écho à ce rapport de par le monde. Un économiste argentin de la Columbia University a démontré que le rapport de l’ONU était entièrement erroné en constatant que ce pourcentage ne s’appliquait pas aux individus mais aux pays ! En fait,
l’écart entre les individus ne s’accroît pas, il diminue bien au contraire. Nous nous plaignons des délocalisations, de la concurrence de la Chine et de l’Inde. Mais ces pays ne font que se développer en adoptant notre propre modèle économique. Un modèle qui nous permettra aussi de résoudre les problèmes de l’écologie et du développement durable.


L’ignorance et l’oppression : les deux maux de la planète
Pour conclure, je voudrais citer un extrait de l’appel de Adelberg de 1992, signé par certains des plus grands savants du monde, dont les Français Haroun Tazieff, Yves Lacoste, Pierre-Gilles de Gennes, Maurice Tubiana :
“Nous nous inquiétons de voir émerger, à l’aube du XXe siècle, une idéologie irrationnelle qui s’oppose aux progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social. Nous adhérons totalement aux objectifs écologiques, scientifiques axés sur la prise en compte, le contrôle et la préservation des ressources naturelles. Toutefois nous souhaitons que cette prise en compte, ce contrôle et cette préservation soient fondés sur des critères scientifiques et non sur des préjugés irrationnels. Les plus grands maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression, non la technologie, la science et l’industrie dont les instruments, dans la mesure où ils sont gérés de façon adéquate, sont des outils indispensables qui permettront à l’humanité de venir à bout par elle-même, et pour elle-même, de fléaux tels que la surpopulation, la faim et les pandémies”.
Téléchargez cet article au format pdf (135 ko)