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| chapitre "Les
inégalités menacent-elles le développement
durable ?" : |
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Peut-on faire mieux avec moins ?
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Robert Lion,
inspecteur g�n�ral des finances, pr�sident de l�ONG �Agrisud
international�, pr�sident d�Energy 21, senior advisor du �Global environnement facility�,
membre du Conseil de la Terre, membre du Conseil national du d�veloppement durable.
Paul Valéry avait raison quand il écrivait
en 1931 “Le temps du monde fini commence”. Nous
sommes dans un monde fini en termes de ressources. Le modèle
de consommation occidental n’est ni durable ni extensible
à l’ensemble de l’humanité. Le
développement des pays d’Afrique et d’Asie
pèsera sur les équilibres écologiques
et vitaux de la planète. Entre 2000 et 2050, la population
africaine va tripler. Même si son niveau de vie reste
faible, elle va exercer une pression gigantesque sur la
ressource énergétique et augmenter les dégâts
écologiques. Un rationnement énergétique
doit nécessairement être mis en place en Occident.
Sans toucher à notre mode de vie, il est possible
de réduire de 30% la consommation d’énergie
d’ici les années 2025-2030.
Consommer autrement, un vrai projet de société
Après le premier choc pétrolier, en 1973,
la France a su découpler la croissance économique
de la consommation d’énergie. Durant dix ans,
jusqu’au contre choc pétrolier, la production
a beaucoup augmenté alors que la consommation d’énergie
est restée stable. Avec des slogans comme «
La France n’a pas de pétrole mais elle a des
idées », la première agence pour les
économies d’énergie a su mobiliser toute
l’opinion. De nouvelles professions se sont créées
chez les plombiers et les chauffagistes. En cinq ans, la
consommation de chauffage a été réduite
d’un tiers dans 900 000 HLM. Aujourd’hui, il
serait opportun de relancer une telle campagne. Un changement
de notre mode de vie, avec pour objectif une baisse de notre
consommation et de nos rejets, est devenu incontournable.
La solution est d’en faire un projet de société
à la manière des Scandinaves. Sinon nous subirons
chaque crise de plein fouet.
Donner aux peuples du monde l’accès aux biens
publics
Par ailleurs, nous ne devons pas négliger l’impact
négatif des inégalités sociales, géographiques,
culturelles ou économiques. Rien n'est plus dangereux
que les écarts dans l’accès à
un certain nombre de biens publics comme la santé,
l’éducation ou l’eau et plus largement
dans la possibilité de conduire soi-même son
destin. Ces inégalités alimentent la frustration
et la violence et sont un terreau pour le terrorisme. Le
développement
durable tente ainsi d’apporter une réponse
à cette situation qui, à mon sens, va en s’aggravant.
Enfin, certaines populations dont les richesses sont exploitées
par des tiers n’ont pas un niveau de vie suffisant
pour entrer dans la logique du développement durable.
Prenons l’exemple de l’Afrique. Beaucoup de
pétrole y est exploité mais peu d’or
noir est raffiné et distribué sur place. Le
pétrole va souvent de pair avec une énorme
augmentation des inégalités. Ainsi lorsque
l’OCDE annonce une augmentation du PNB en Afrique,
elle se traduit souvent, pour une grande partie de la population,
par l’aggravation des inégalités. L’enrichissement
en haut de l’échelle sociale n’a aucun
impact sur le bas. C’est hélas le cas dans
beaucoup de régions du monde.
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