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| chapitre "Epuisement de la Terre et multitude des hommes, jusqu'o� ?"
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Combien la Terre peut-elle supporter d'hommes ?
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Jean-Claude
Chesnais, �conomiste
et d�mographe, directeur de recherche � l�INED, �Visiting
professor� � John Hopkins university
Publication : �Le cr�puscule de l�Occident�, Laffont 2005.
L’évolution de la population n’est pas
exponentielle. Le mythe de sa croissance continue est donc
pure illusion : elle s’est accélérée
jusqu’en 1965, avec 2% de taux de croissance ; maintenant,
celui-ci tend vers 1% au niveau mondial. Il tombera à
0% vers 2040. Une diminution globale de la population humaine
s’ensuivra.
Face à ce constat, l’ensemble des pays du globe
ne se trouve pas logé à la même enseigne.
En matière démographique, deux grandes zones
planétaires peuvent être considérées
: une première, en phase de croissance rapide, recouvre
l’Afrique subsaharienne et le Moyen- Orient ; une
seconde, l’Europe et l’Asie, entre
en phase de maîtrise démographique plus ou
moins forte. Dans cette dernière zone, la Corée
a la plus basse fécondité du monde avec un
niveau de remplacement des générations de
l’ordre de 50%.
Un monde de vieux
L’augmentation à venir de la population sera
caractérisée par une croissance des populations
âgées, voire très âgées.
Les personnes de plus de 85 ans, à l’échelle
du monde, seront multipliées par un facteur 10 à
l’horizon 2050. A contrario, l’augmentation
globale de la population entre 2006 et 2050 sera de l’ordre
de 40%. La pyramide des âges subira donc un retournement
complet.
Vers une nouvelle carte ethnique ?
Par ailleurs, la carte du peuplement va se modifier de manière
beaucoup plus importante en 50 ans qu’elle ne l’a
fait en plusieurs millénaires. Ainsi, les déplacements
humains entre la planète en expansion démographique
et la planète en contraction démographique
vont croître. Ce qui se passe actuellement en Amérique
du Nord le montre : son noyau de peuplement autour des WASP
(White Anglo-Saxons Protestants) est minoritaire en Californie,
dans les Etats de l’Ouest et du Sud. Des phénomènes
similaires se produisent aussi en Europe : le sud de l’Espagne
est en train de se peupler de migrants en provenance de
l’Afrique. Ainsi, ces cinq dernières années
la population espagnole a augmenté de 4 millions
d’individus en raison de mouvements humains de l’Afrique
vers l’Espagne alors même que ce pays est en
situation de sous fécondité.
Ces phénomènes de migration s’accompagneront
également d’une reconfiguration des identités
humaines à l’échelle des pays. Une déseuropéanisation
du peuplement va se produire au profit d’une asiatisation,
d’une africanisation et d’une islamisation des
groupes de populations. Dans de grandes villes européennes,
vers 2030, les habitants de type européen, au sens
le plus varié, deviendront minoritaires. L’exemple
de la Russie est pertinent : un scénario projette
que son peuplement deviendrait à majorité
musulman. Sur 140 millions d’habitants, actuellement
présents à l’intérieur des frontières
russes, 25 millions sont déjà d’origine
musulmane.
Des peuples assoiffés
Enfin, autre conséquence : les tendances démographiques
futures aggraveront certainement les tensions sur l’exploitation
des matières premières. Parmi celles-ci, l’eau
sera au centre des enjeux. Pénuries et stress hydriques
évoluent de manière conjointe et importante
à l’heure actuelle. Il est à craindre
que la courbe de croissance de certaines zones de peuplement
sur Terre, et notamment en Afrique, n’accentue cette
situation.
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